PROFFESSION DE FOI DE L'ALLIANCE PANAFRICANISTE

L'étendard de la meilleure production du savoir humain a été brandi, pour la première fois dans l'histoire, en Afrique. C'est plus rise du savoir et du savoir faire l'Europe s'est imposée comme le centre de la créativité humaine, mais pas celui du savoir être. C'est parce que le savoir être est tenu par la culture, qu'il est le domaine par excellence où l'africain a pu développer une résistance qui lui a permis de préserver son identité et le potentiel de créativité contenu dans son ontologie. L'ontologie de la pensée négro africaine est caractérisée comme l'a si bien démontré Maître Wade par sa "physicité". La caractéristique de la pensée négro-africaine est qu'elle fonde, sur une base d'intuition et de respect, le rapport de l'homme avec la nature. Ce qui explique que l'africain a des atouts ontologiques non encore exploités. Ces atouts constituent pour l'Afrique un potentiel de vitesse de progression dans la recherche de raccourcis non agressifs pour rattraper les autres pays. De part leurs brillants parcours universitaires Maître Abdoulaye Wade, Cheikh Anta Diop et Modibo Diarra ont montré la pertinence de la « physicité » de la pensée négro-africaine.

La vision prométhéenne de domination agressive de la nature a permis à l'Europe de s'approprier, d'une manière historique et déterminante, l'héritage du capital humain universel et l'a développé. De ce triomphe, elle s'est assignée une mission civilisatrice. Voilà les conditions historiques précises à partir desquelles l'humanité s'est trouvée prise au piège d'une mondialisation irréversible qui a pris son impulsion sur le socle des seules valeurs de la mythologie prométhéenne.

Ce processus d'unification des continents qui a accompagné l'expansion européenne a fini par prendre ainsi une direction dont la gestion n'avait pas été tenue sur un savoir être culturellement partagée. Par une déconstruction et une intégration des systèmes endogènes asservis, l'expansion conquérante et unificatrice des autres continents s'est heurtée partout à des résistances. L'assimilation et l'adaptation ont été les seuls modes d'échange pacifique possible et les seules conditions de survie qu'a permi le type de rapport de force imposé au nom de la mission civilisatrice.

Dans cette dynamique, la science a été instrumentalisée. Pour soutenir une forme de domination politique et économique, les sociétés ont été hiérarchisées. On a ensuite indiqué pour celles dites primitives les étapes à franchir afin qu'elles puissent arriver à un niveau de référence fixé arbitrairement. Ce construit idéologique a entretenu des « faussetés pseudo scientifiques » battues aujourd'hui en brèche par Maître Wade dans son livre intitulé un Destin pour l'Afrique. La dénégation aux autres races non européennes de capacités d'auto administration de leur destin est née de là. Ces faussetés ont produit des visions fatalistes et déformantes de la perception correcte du destin des peuples non européens. Des choix défaitistes, comme l'assistanat, ont été promus là où le partenariat devait être de mise. Il en a découlé les politiques adaptatives, et non de rupture, inaugurées en Afrique après la décolonisation. Ces politiques de démission ont été combattues farouchement par les pères fondateurs du panafricanisme.

En tant que destination d'une exportation de populations européennes caractérisées par un haut standing scientifique et intellectuel et de populations noires utilisées pour sa force de travail musculaire, le continent américain a pu créer les conditions de migration de la science sur son sol. Ce transfert massif de capital humain de qualité, dans un vaste et riche territoire, explique la supériorité économique des Etats-Unis d'Amérique.

S'inscrivant dans une dynamique d'alternative aux modèles d'adaptations à l'ordre européocentriste, les pays asiatiques sont parvenus à réinventer leur destin en s'appuyant sur leurs ressources culturelles et morales. Ce qui explique les positions qu'ils gagnent dans le concert des nations. En effet, 4 pays asiatiques sont détenteurs d'une capacité nucléaire. L'un d'entre eux dispose du droit de veto à l'ONU. L'Asie a rattrapé l'Europe et a pris en charge son destin. Elle est parvenue à gagner une place dans le monde.

Seule l'Afrique est restée le continent qui accuse une difficulté à opérer les ruptures nécessaires pour formuler une alternative économique et politique. L'écart la séparant des pays asiatiques s'est creusé. De plus, les types de difficultés d'ordre économique, politique, sanitaire qu'elle rencontre aujourd'hui sont en passe de le confiner au rang de continent sans génie et sans initiatives. Voilà que l'image d'un continent qui décroche de la marche des continents vers une gouvernance mondiale partagée lui colle désespérément. L’Afrique apparaît, ainsi, comme le seul continent qui est tiré par ses problèmes vers le bas. Le risque est grand qu'elle descende, irréversiblement, dans les profondeurs de l'oubli.

Il n'en fallait pas plus pour que de grandes figures africaines se ressaisissent et démontrent que l'Afrique a les ressources intellectuelles, spirituelles, économique et morales qui permettent à ses fils de reprendre l'initiative. C'est ainsi que le NEPAD a vu le jour. Les intellectuels, les scientifiques et tous les créateurs africains et de la diaspora peuvent-ils rester en marge de ce combat ? Que non. Ils doivent s'impliquer pour apporter leur pierre à la construction des Etats-Unis d'Afrique.

Le combat pour une renaissance africaine a été certes permanent et multiforme. Mais il nous a manqué jusqu'ici la formulation d'une alternative économique, politique et scientifique pouvant permettre à l'Afrique de relever le défi de l'unité politique et du développement. C'est ce que maître Abdoulaye Wade apporte aujourd'hui avec l'énonciation d'une stratégie de construction des Etats d'Afrique décliné en huit axes d'orientation.

Maître Wade a indiqué une voie susceptible de donner aux noirs du monde la capacité collective et solidaire de prendre en charge le destin du continent. Il a démontré que l'Afrique est en mesure de redevenir encore pour le 3ème millénaire, ce que fût l'Egypte pharaonique dans le monde. C'est à dire le nouveau pôle du monde où le savoir humain, de haut niveau, peut se ré exprimer et obtenir des applications fulgurantes. Mais il faut imaginer et créer les conditions favorables qui le permettent. Il suffit par exemple que la masse de fils d'Afrique, éclatés sur tous les continents, se fédèrent et offrent leur savoir, leur savoir-faire et leur avoir à l'Afrique, comme l'ont fait, les juifs pour que ce continent bénéficie du même phénomène provoqué par le transfert du capital humain européen en Amérique.

Pour l'exemple, Maître Wade est en train de former l'africain du futur qui permettra à l'Afrique d'être présent à ce grand rendez vous du donner et du recevoir annoncé par Senghor. La future Afrique se construit sous Wade sur le parcourt qui va de la case des touts petits à l'université du futur africain. Les combats des pères fondateurs du panafricanisme ont balisé le terrain. Les initiatives des leaders politiques actuels comme Abdoulaye Wade, sont en train d'opérationnaliser l'alternative africaine. Les perspectives d'une réappropriation par les fils d'Afrique du destin du continent sont dessinées. L'heure est venue de créer une Alliance Panafricaniste (A.P.) pour entretenir l'espoir et tenir le flambeau des luttes des Spartacus africains.

A cet effet, un comité d'initiative de l'A.P. a été créé. Ses membres ont commencé à mobiliser les scientifiques, les intellectuelles, les créateurs et les hommes politiques qui ont envi de produire des œuvres pour la promotion de l'africain et de son continent. Ils veulent montrer l'urgence d'engager la bataille scientifique et intellectuelle qui permet à l'Afrique d'occuper une place et d'assumer un rôle dans une gouvernance mondiale partagée.

Le livre de Maître Wade intitulé "Un Destin pour l'Afrique" a montré les défis majeurs. Il a donné des pistes de réponses. Et Il a enfin ouvert des perspectives immenses pour la promotion du génie africain dans le concert des nations. Il a ainsi facilité le travail de recherche et d'exploitation panafricaine des sujets et thèmes qui doivent être développés. Il appartient aux jeunes, aux femmes et aux adultes africains de prendre toute la mesure de l'enjeu de la construction des Etats Unis d'Afrique.

L'Alliance Panafricaniste les y invite et a saisi ainsi toutes les opportunités d'actions énoncées dans la pensée panafricaniste de Wade. Elle ambitionne de créer, à partir d'elle, un cadre de réflexion, d'action et de production d'un référentiel panafricain de maîtrise de destin pour l'Afrique.


Africains d'Afrique et de la diaspora venez rejoindre l'Alliance Panafricaniste