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colombie: La vie de déplacés d’une communauté afrocolombienne : “Notre terre, c’est notre vie

lLa maladie d'Alzheimer est un problème croissant dans la population américaine des Africains-Américains et des Hispaniques. Les Non-Blancs ont ainsi un risque significativement plus élevé de développer la démence. En fait, les Africains-Américains sont presque deux fois plus susceptibles de contracter la maladie d'Alzheimer que les Blancs.

La Gloria se trouve dans un lieu humide et exubérant voisin de la ville ruineuse et violente de Buenaventura, le Port colombien le plus important de l’Océan Pacifique et enclave essentielle pour les importations et les exportations, y compris les embarcations illicites de drogues, de métaux précieux, d’armes et de personnes.

 Cette ville a également été un point d’attraction pour la population civile fuyant la violence et les menaces qui tourmentent les zones rurales et riveraines de l’intérieur, entre Buenaventura et les contreforts des Andes. Au mois d’avril dernier, plus de 800 personnes ont fui la ville pour échapper aux combats chaque fois plus violents entre groupes armées qui luttent pour prendre le contrôle des exploitations minières et de la culture de la coca.

 “Selon les chiffres officiels, il y a dans la ville approximativement 73.000 déplacés internes ”, explique une responsable de la protection de l’ACNUR “Il y a également quelques communautés en danger dans les zones rurales qui ont décidé de demeurer sur leurs territoires [ou à leur proximité] dans une forme de résistance”, ajoute-t-elle, en faisant référence à des endroits comme La Gloria. 

Pour les afrocolombiens comme Mario, la terre est fondamentale et c’est la raison pour laquelle beaucoup de déplacés retournent sur leurs terres collectives ancestrales, quand ils en ont la possibilité, dont la propriété leur est reconnue en vertu de la l’emblématique Loi Nº 70 promulguée en 1993.

 “Notre terre c’est notre vie”, dit un membre du Processus des Communautés Noires (Proceso de Comunidades Negras), une association qui lutte en faveur des droits des afrocolombiens. “Si nous nous voyons obligés d’abandonner notre terre et notre territoire collectif, nous disparaitrons en tant que groupe et nous finirons par vivre dans la ville avec un style de vie occidental et nous perdrons notre identité”. 

L’ACNUR comprend cette façon de penser, et en mettant une plus grande emphase sur la prévention, l’agence pour les réfugiés soutient les mesures visant à aider les communautés rurales “pour qu’elles ne soient pas obligées de quitter leurs territoires et aient la possibilité de revenir sur une période de temps relativement courte ”, indique Terry Morel, représentante de l’ACNUR en Colombie. 

Plus loin tu fuis, plus il est probable que tu passes plus de temps déplacé, et cela signifie une lus grande destruction du tissu social de la communauté et plus de souffrance en général”, ajoute-t-elle. 

La Gloria a été créée en 1967 par des personnes originaires des autres régions de l’ouest de la Colombie, comme Mario et ses parents, qui recherchaient des opportunités économiques. Dès la moitié des années 1990, la ville a accueilli des familles qui fuyaient les combats que se livraient les groupes armés rivaux pour le contrôle des territoires de l’intérieur. 

Mais selon Mario, cette violence a également affecté La Gloria, une communauté riche en ressources comme le bois, le charbon et l’or. La communauté, dont le sol fertile favorise l’agriculture, fonctionne comme une coopérative presque autosuffisante. 

Son leader a été obligé de fuir à deux reprises –en 1997 puis en 2001– après avoir rejeté l’offre des groupes armées irréguliers qui opéraient dans le secteur. “J’ai refusé de m’associer à eux et ils ont essayé de me tuer”, dit-il. “Être déplacé c’est comme être stigmatisé, donc je n’ai pas voulu me faire enregistré comme déplacé”, ajoute-t-il. Mais la majorité des personnes dans cette situation le font.

 Mario qui est père de cinq enfants est retourné dans sa région d’origine dans le département de Cauca, vers le sud et est revenu lorsque le danger était écarté. Il a échappé, avec quelques cicatrices, mais d’autres n’ont pas eu autant de chances ; un de ses amis a été assassiné en présence de ces enfants.

 

Maintenant que le danger a diminué, d’autres sujets préoccupent Mario, comme l’urbanisation croissance et par extension, la nécessité de préserver La Gloria, qui n’a pas été reconnu comme un territoire afrocolombien collectif par les autorités dans le cadre de la Loi Soixante-dix. “On continue de mettre la pression pour être reconnus, même si nous disons que nous sommes une zone rurale, ils nous incluent dans le plan de développement urbain”, indique-t-il.

 

Mario craint que certaines personnes souhaitent exploiter la zone et construire des usines plantas pour y traiter les ressources naturelles de La Gloria. Pour l’instant, lui et ses voisins continuent d’accueillir les familles déplacées, leur offrant un quart d’hectare de terre pour bâtir une maison simple en bois et en tôle et cultiver des fruits et des légumes pour leur propre consommation.

 

Il y a des projets coopératifs qui bénéficient à l’ensemble de la communauté, comme l’élevage de poules et de cochons. Mario évoque des projets d’aquaculture et d’horticulture. “Nous avons assez de quoi nourrir la communauté et vendre les excédents”

 

 

À La Gloria, il n y a pas d’eau courante (ils utilisent l’eau de pluie et celle provenant d’une source naturelle) ni de systèmes d’aqueduc et d’égouts, même s’ils ont l’électricité. La clinique la plus proche se trouve à trois kilomètres. Cependant, Mario dit qu’ils sont prêts à se passer du grand confort, car “ici, même si nous sommes déplacés de nos lieux d’origine, nous pouvons préserver nos pratiques traditionnelles, notre identité et notre culture”.

 Ce n’est pas une vie facile, et ils sont exposés aux maladies comme la malaria, les maladies de la peau et la diarrhée, mais au moins pour eux c’est un foyer.