La révolte des noirs musulmans à Salvador de Bahia en 1835

 

Révolte des Zanj d'Irak au IIIe/IXe siécl

 

Un CALENDRIER DES REBELLIONS DES ESCLAVES NOIRS EN AMERIQUE LATINE ET DANS LES CARAÏBES entre le 16 ème et le 19ième siècle

 

Les Savants noirs et leurs inventions cachés par la conspiration du silence

 

Comment la "Mission civilisatrice" a été confortée par les constructions intellectuelles  des savants européens qui ont justifié l’esclavage et la colonisation

 

Comment Haïti  a été appauvri  hier  et aujourd’hui par l’occident pour  venger l’armée napoléonienne

 

Comment Haïti  a été appauvri par

une dette injuste imposée par l'occident 

 

 

L’humiliation impardonnable

En 1803, les Noirs d'Haïti administrèrent une terrible raclée aux troupes de Napoléon Bonaparte, et l'Europe ne pardonna jamais cette humiliation infligée à la race blanche. Haïti fut le premier pays libre des Amériques. Les États-Unis avaient conquis leur indépendance auparavant, mais il y avait un demi-million d'esclaves qui travaillaient  dans les plantations de coton et de tabac. Jefferson, qui était propriétaire d’esclaves, disait que tous les hommes sont égaux, mais il affirmait également que les Noirs furent, sont et demeureront inférieurs. Le drapeau des hommes libres s’éleva sur les ruines. La terre haïtienne avait été dévastée par la monoculture du sucre et détruite par les calamités de la guerre contre la France, et un tiers de la population était tombée au cours du combat. Commença alors le blocus. La nation qui venait de naitre fut condamnée à la solitude. Personne ne lui achetait rien, personne ne lui vendait, personne ne la reconnaissait. 

Même Simón Bolívar, qui avait su faire preuve de courage, n'eut le courage de signer la reconnaissance diplomatique du pays noir. Bolivar avait pu relancer sa lutte pour l'indépendance américaine grâce au soutien d'Haïti, alors que l'Espagne l'avait déjà vaincu. Le gouvernement haïtien avait fourni sept navires et des soldats et des armes en grande quantité, à la seule condition qu'il libère les esclaves par la suite, une idée que Bolivar, le Libérateur n'avait même jamais eu. Bolivar respecta cet engagement, mais, après sa victoire, alors qu'il gouvernait la Grande Colombie, il tourna le dos au pays qui l'avait sauvé.

Et lorsqu'il convoqua les nations américaines pour la rencontre de Panama, il n'invita pas Haïti , mais convia l'Angleterre. 

Les États-Unis n’ont reconnu Haïti qu’il y a peu, soixante ans après la fin de la guerre d'indépendance, alors qu’Etienne Serres, un génie français de l’anatomie, découvrait à Paris que  les Noirs sont primitifs parce qu'il y a peu de distance entre leur nombril et leur pénis. À l'époque, Haïti était déjà entre les mains des dictatures militaires sanguinaires, qui destinaient les ressources faméliques du pays au paiement de la dette française: l'Europe avait imposé l'obligation à Haïti de verser une gigantesque indemnité à la France, à titre de pardon pour avoir commis le délit de dignité. 

L'histoire du harcèlement d'Haïti, qui aujourd'hui a des dimensions tragiques, c'est aussi l'histoire du racisme dans la civilisation occidentale. 


Haïti: la ruine des héros
Par Antumi Toasijé*
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

Si tout le monde savait vraiment ce qui s'est passé autour du fort de Vertières, dans l’ancien  Cap-Français et actuel Cap-Haitien, il ya un peu plus de deux cents ans, peut-être qu’il n y aurait pas eu autant de morts sous les décombres calamiteuses d'un rêve planétaire. Les touristes du monde entier feraient des queues kilométriques, pour s’entendre raconter les débuts de la formation du monde contemporain et pourremercier les héros  Haïtiens parce qu’ils avaient mis fin à l’esclavage.
Rien qu’avec le bénéfice touristique de cette reconnaissance, on aurait pu construire un état solide, à l’épreuve des tremblements de  terre, et personne, à la pointe de ses armes, n'aurait osé faire chanter les Haïtiens pour se faire indemniser.
À Vertières, un 18 Novembre 1803, le vicomte de Rochambeau maintenait les positions françaises désespérées, aux commandes de troupes napoléoniennes décimées, élites en leur temps, peut-être seulement comparables aux Marines actuels.
La troupe était découragée et craintive, car depuis des mois, ses membres s’étaient rendus compte d’un phénomène exceptionnel de l’histoire : des hommes et des femmes qui ont gagné leur propre liberté sont les plus semblables à de demi-dieux invincibles.

Les troupes françaises, aux portes des forts assiégés d’Haïti, racontèrent l’expérience, pleins  d'admiration et de reconnaissance, car ils avaient également été des révolutionnaires mourant pour le rêve d'un monde plus juste.
Les français lançaient une bordée et ouvraient la voie au milieu de la masse humaine ; mais d'autres, sans peur, remplissaient de suite l’espace vide laissé par les boulets de canon et entre les cantiques ancestraux africains, poursuivaient leur avancée, pieds nus, portant des vêtements en lambeaux, enveloppés de sueur et de sang.
On dit que ces évènements avaient commencé un 14 d'août 1791, à Bois Caïman, un groupe d'esclaves et d’affranchis dirigés par le prêtre vaudou Boukman,  né en Guinée et réduit en esclavage en Haïti, qui s’était libéré tout seul, digne successeur du Nègre Marron Mackandal se jurèrent de mettre fin pour toujours à l'oppression infinie des blancs.
Haïti, la colonie la plus productive de l'histoire de l'Amérique extrayait le sang de 400.000 Africains et le transformait en sucre pour la consommation des bourgeoisies européennes qui s’accroissaient. La machine extraordinaire fonctionnait en stimulant les guerres en Afrique, grâce à l'enlèvement de captifs et à un système de production qui ignorait totalement le mot humanité. L'extrême cruauté des négriers dans les champs et les usines de sucre faisait le reste.
L'espérance de vie des otages de leur arrivée en Amérique, en provenance de leur terre natale dans les royaumes qui entouraient le Dahomey, atteignait à peine huit ans. L’historien C. R. L. James, qui n’a jamais suffisamment été reconnu  nous rappelle que ceux qui survivaient à cette vie de  brutalité constante, travaillant dix-huit heures par jour, subissant des mauvais traitements invariables, des abus sadiques, des séparations familiales, des mutilations, des humiliations de toutes sortes, étaient parfois, en récompense d’une vie de dévouement , dévorés par des chiens sur les places publiques installées pour le plaisir macabre des classes supérieures. Les personnes âgées ou handicapées finissaient dans la gueule de chiens entraînés à manger de la chair humaine. 
Héros haïtiens, héros anonymes et héros célèbres. Le long et douloureux processus de libération eut le meilleur des leaders  possible en Toussaint L’Ouverture, un ancien esclavisé, un génie plein de compassion et de conviction, Toussaint le pionnier , dont on a dit qu’il ne se reposait pas, dont on affirmait qu’il allait se coucher et ressortait par la fenêtre de nuit pour superviser sur son cheval, la situation des détachements des insurgés dans les villes voisines. Il écrivait plusieurs lettres à la fois, il a vaincu l'Espagne et une Grande-Bretagne qui avait foncé sur une proie qui lui semblait faciles. Il recevait les délégations françaises en traitant ses émissaires avec un goût exquis. Il s’associait avec les uns et les autres, il complotait et haranguait, avançant pas à pas, intelligemment vers la solidification de la seule révolution menée avec succès par des esclaves.
Finalement trahi par une France ingrate qui lui avait juré de maintenir la liberté des esclaves, pour tenter de nouveau rétablir l'esclavage à la moindre occasion. Il mourut de froid, abandonné, prisonnier dans le Fort alpin de Joux le 8 Avril 1802.
Heureusement, lorsqu’une révolution est véritable, elle ne dépend pas d'un seul leader. À Vertières, Jean-Jacques Dessalines compléta ce processus colossal, qui voyait les plus déshérités de la terre, se dresser comme des géants et expulser l’armée la plus moderne de son temps.
Entre 1791 et 1803 moururent 100.000 Africains et 20.000 Européens, semant la graine de liberté qui contaminera l’ensemble de l’Amérique et qui signifiera, non seulement la chute de toutes les colonies, une à une, mais aussi le début de la fin de l'esclavage légalisé, une institution qui existait depuis des millénaires et qui semblait inhérente à l'être humain et impossible à éradiquer. 
Mais toute bonne histoire a son épilogue. Au départ, il ya le château-Citadelle Laferrière, classé patrimoine mondial de l'Humanité par l’UNESCO. Un mastodonte de pierre érigé en 1805 par le Roi haïtien Henri Christophe dans  la perspective d'une nouvelle attaque française sur le côté ouest de l'île "La Hispaniola".
Les Français, observant la silhouette de l'imposante structure, humiliés par ceux qu’ils considéraient comme des sauvages, moitié-animaux décidèrent d'attribuer la victoire africaine au satanisme auquel ils reliaient le vaudou. Dans un dernier geste d'arrogance, l’ancienne colonie exigea le paiement d’une indemnisation en millions pour la perte financière des anciens négriers. Et étonnamment, Haïti paya religieusement 60 millions de francs or, pièce par pièce. Le pays le plus appauvri d'Amérique, termina de payer en 1947 une somme qui selon les calculs correspondrait de nos jours à 21 milliards de dollars.
Pour payer la dette en question, dès le début du 20ème  siècle, et particulièrement sous les dictatures des Duvalier, Haïti s’endetta auprès des banques internationales, principalement nord-américaines,  hypothéquant ainsi complètement  l'avenir du pays.
Pour se faire une idée, à l’époque où l’endettement était le plus fort,  80% du budget du petit État des Caraïbes était destiné au remboursement de la dette.
À la fin de l'époque des dictateurs Duvalier père et fils, les mesures d'ajustement structurel catastrophiques imposées par le Fonds Monétaire International avaient ruiné les champs, et avaient provoqué un exode massif vers les villes. À cette époque succéda une période mouvementée de coups d’états orchestrés depuis les États-Unis pour défendre d’une industrie en pleine croissance des barres de chocolat caloriques.
Par surprise et dans un moment de distraction où les Américains étaient absorbés par leur projet d'affaiblissement de l'Irak, Jean-Bertrand Aristide un prêtre catholique d’apparence fragile, remporta la présidence lors d’élections véritablement libres en 1990 avec 67% des voix. Cependant, compte tenu de sa politique proche du peuple, il fut très vite déposé avec le soutien de l’administration Bush père et poussé à l'exil au Venezuela. La manipulation nord-américaine d'Haïti avait commencé avec l'occupation militaire qui débuta en  1915 et qui ne prendra pas fin avant 1934. 
  
Les militaires nord-américains firent acte de présence poussés par les banquiers qui cherchaient à tirer les profits énormes de la dette du pays. À l’époque, ils cherchaient à se défaire de l’influence gênante et croissante des allemands  en Amérique latine puisque ces derniers contrôlaient le commerce haïtien et menaçaient d’étouffer les affaires florissantes de la Haitian American Sugar Company.
Le départ de Bush en 1993 marqua un changement dans l’orientation  des politiques haïtiennes. Bill Clinton décida de miser sur le populaire Aristide. Proche du peuple et panafricaniste,  Aristide rentra de son exil et termina son mandat  en dissolvant l'armée – une source importante des maux d’Haïti et se retira après avoir effectué les 2 mandats prescrits par la Constitution.
Après la présidence intermédiaire de René Préval, lui aussi progressiste, Aristide retourna au pouvoir en 2000 et reprit ses politiques de réforme.
Le leader du mouvement Lavalas augmenta sérieusement l’accès des populations aux soins de santé et à l'éducation, il éleva sensiblement les niveaux de respect des Droits Humains, il doubla le salaire minimum, fit la promotion de la réforme agraire  qui bénéficia aux petits propriétaires, il améliora l’industrie de la pêche  en développant l’autonomie des pêcheurs, il actionna un réseau alimentaire à faible coût et essaya, avec peu de réussite de mettre fin à la corruption dans la classe politique haïtienne. Peut-être sa plus grande erreur fut son sens de la justice.
Haïti, la terre des héros anti – esclavagistes était ruinée à cause du paiement injuste d’une indemnisation à la France. Cet homme frêle fit écho des dispositions de la Cour Pénale Internationale qui décrétait à Rome en 2000 que l'esclavage est un crime de lèse humanité imprescriptible, et que par conséquent, il ne fallait pas payer pour être libre, au contraire, les négriers auraient dû indemniser les esclaves à l’époque.
Résolu, Aristide décida de se présenter lors de chaque événement célébrant le 200ièmeanniversaire de la mort de  Toussaint, avec un bilan de la dette, à savoir 21.6851135.571, 48 dollars américains. Peu lui importait qui serait en face de lui, qu’il s’agisse d’un président français ou Américain, beaucoup plus qu’il n’en faut à deux loups brouillés pour se partager un agneau.
Aristide sera enlevé le 1er Mars 2004, mis dans un avion nord-américain et envoyé en exil en Afrique du Sud, où il demeure aujourd'hui.
La dette de la France envers les héros de la seule révolution dans l'histoire de l’humanité, qui provoqua la fin de l'esclavage, est d'une telle  ampleur qu’elle équivaut à l'ensemble de son produit intérieur brut d‘une année, et soyons honnêtes, elle ne peut que signifier un cataclysme pour l’Europe. Car, si elle ne doit cela qu’à Haïti, quelle est sa dette envers les africains ?
Peut-être que si Aristide avait su ce qu’on a appris en Janvier 2008, il aurait attendu un peu avant de réclamer ce que  Haïti mérite en terme de justice. Car, l’avant dernier acte de la tragédie d'Haïti se joue sous le sol et sous la mer de son territoire ; à  Plaine du Cul-de-Sac, Artibonite,  Plateau Central, et dans le golfe de  la Gonâve où on se bat pour obtenir le pétrole tant convoité.
Les désastres et les calamités, comme ces tremblements de terre sont toujours attribués en Occident, en petit comité,  à l'incapacité des Africains à gérer la macro-économie et de construire des états architectoniquement et institutionnellement solides, bien entendu, il faut dire que nous avons une apparente incapacité à exiger manu militari ce qui nous est dû.
Parce que la malédiction d'Haïti n'est pas due au supposé pacte satanique des officiants du Vaudou pour exiger la liberté aux Loas (esprits).
La ruine  haïtienne et africaine, provient du fait que sous nos pieds, ne cesse d’augmenter la présence de l'or, du pétrole, du coltan et des diamants, du sucre, du cacao, du café, du  bois, des ressources de la pêche ... ce qui attire les plus avides et violents de la terre vers nous et entraine l’oubli et la ruine des héros qui nous défendent.  (*) Director del Centro de Estudios Panafricanos

Pourquoi les États-Unis doivent des milliards à Haïti: Historique le plus concis

© - Alliance Panafricaniste
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De la résistance
Présentation Gorée en vidéo
A la renaissance

Par Bill Quigley
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

Pourquoi les américains doivent des milliards à? L’ancien secrétaire d'État américain Colin Powell a qualifié la politique étrangère comme la" Règle de Pottery Barn." Autrement dit, "Si vous cassez, vous en êtes propriétaire."
Les États-Unis ont travaillé à briser Haïti depuis plus de 200 ans. Nous avons une dette envers Haïti. Il ne s’agit pas de la charité. La dette que nous avons envers Haïti est une affaire de  justice. De réparations. Et ce ne sont pas non plus les 100 millions de dollars promis par le président Obama  - qui représente l’argent de la loterie. Les États-Unis doivent des Milliards à Haïti - avec un grand M. 

Les États-Unis ont travaillé pendant des siècles à faire rompre Haïti. Les États-Unis ont utilisé Haïti comme une plantation. Les États-Unis ont contribué à faire saigner le pays économiquement depuis qu’il s’est libéré, les américains ont envahi le pays à plusieurs reprises militairement, ils ont soutenu des dictateurs qui ont abusé du peuple, utilisé le pays comme un dépotoir pour notre propre intérêt économique, ils ont ruiné leurs routes et leur agriculture et renversé les fonctionnaires élus populairement. Les États-Unis ont même utilisé Haïti comme le bon vieux propriétaire de plantations et ses ressortissants s’y sont rendus à plusieurs reprises pour leurs loisirs sexuels. 


Ci-dessous le plus bref historique des efforts les plus importants des américains pour briser Haïti.

En 1804, lorsqu’Haïti obtint sa liberté de la France dans ce qui fut la première victoire d’une révolution d’esclave au monde,  les États-Unis refusèrent de reconnaître le pays. Les États-Unis continuèrent de refuser la reconnaissance à Haïti pendant 60 années supplémentaires. Pourquoi? Parce que les États-Unis continuaient de tenir en esclavage des millions de ses  propres citoyens et craignait  qu’en reconnaissant Haïti, cela encouragerait la révolution des esclaves aux États-Unis.

 

Après la révolution de 1804, Haïti fut l'objet d'un embargo économique écrasant de la France et des sanctions des États-Unis qui durèrent jusqu'en 1863. La France utilisa finalement sa puissance militaire pour forcer Haïti à payer des réparations pour les esclaves qui avaient été libérés. Les réparations étaient de 150 millions de francs. (La France a vendu la totalité du territoire de la Louisiane aux États-Unis pour 80 millions de francs!)
Haïti fut contraint d’emprunter de l’argent auprès des banques en France et aux États-Unis pour payer des réparations à la France. Un prêt important des États-Unis pour rembourser les Français fut finalement rendu 1947. La valeur actuelle de ce qu’Haïti fut contraint de verser aux banques françaises et américaines? Plus de 20 milliards de dollars - avec un grand M.
Les États-Unis ont a occupé et contrôlé Haïti par la force de 1915 à 1934. Le président Woodrow Wilson envoya des troupes pour l’envahir en 1915. Les révoltes des Haïtiens furent matées par l'armée américaine - tuant plus de 2000 personnes dans une seule escarmouche. Au cours des 19 années suivantes, les États-Unis contrôlèrent les douanes en Haïti, collectaient les impôts et administraient de nombreuses institutions gouvernementales. Combien de milliards furent détournés par les États-Unis pendant ces 19 ans? 
De 1957 à 1986, Haïti fut contraint de vivre sous des dictateurs soutenus par les États-Unis : «Papa Doc» et «Baby Doc» Duvalier. Les États-Unis ont soutenu ces dictateurs économiquement et militairement, car ils faisaient ce que les États-Unis voulaient et ils étaient du point de vue politique "anti-communistes" – ce que l’on peut aujourd’hui traduire par opposés aux droits de l'homme pour leur peuple. Duvalier a volé des millions à Haïti et contracté des centaines de millions de dettes qu’Haïti continue de devoir. Dix mille Haïtiens ont perdu la vie. Selon les estimations, Haïti doit 1,3 milliard de dollars de dette extérieure et 40% de cette dette a été contractée par les Duvalier qui étaient soutenus par les américains.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Il ya trente ans, Haïti n’importait pas de riz. Aujourd'hui, Haïti importe presque tout son riz. Même si Haïti fut la capitale de la culture du sucre dans les Caraïbes, il importe désormais également le sucre. Pourquoi? Les États-Unis et les institutions financières mondiales dominées par les États-Unis - le Fonds monétaire international et la Banque mondiale - ont contraint Haïti à ouvrir ses marchés au monde. Puis les États-Unis ont déversé des millions de tonnes de riz et de sucre  américain subventionné en Haïti – concurrençant ainsi leurs agriculteurs et en ruinant l'agriculture haïtienne. Ce faisant, les États-Unis ont forcé Haïti à devenir le troisième marché mondial du riz américain. Une bonne chose pour les agriculteurs des États-Unis, une mauvaise pour Haïti. 
Terroriser les gens pour les soumettre était l’objectif apparent de l’occupation brutale et sanglante d’Haïti par les Marines américains après le coup d'État de 2004 soutenu par les américains. Comme toujours, le peuple résista. En 2002, les États-Unis bloquèrent des centaines de millions de dollars en prêts consentis à Haïti, qui devaient être utilisés, pour des projets publics parmi lesquels l'éducation, la construction de routes. Ce sont sur ces mêmes routes que les équipes de secours ont tant de mal à circuler! 

En 2004, les américains ont de nouveau détruit la démocratie en Haïti lorsqu’ils ont soutenu le coup d'État contre Aristide, le Président élu d'Haïti. 

Haïti est même utilisé pour les loisirs sexuels, comme au bon vieux temps des plantations. Examinez les nouvelles avec attention, et vous trouverez de nombreuses histoires de sévices sur mineurs par des missionnaires, de soldats et travailleurs dans le domaine de la charité. De plus, il ya ces vacances sexuelles  prises à Haïti par des personnes originaires des États-Unis et d’ailleurs. Qu’est ce qui est dû pour cela? Quelle valeur donneriez-vous à ces agissements si c'étaient vos sœurs ou vos frères qui en étaient victimes? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les sociétés américaines sur place en Haïti font équipe depuis des années avec l'élite haïtienne pour faire fonctionner des ateliers de misère dans lesquels grouillent des dizaines de milliers d'Haïtiens gagnant moins de 2 dollars par jour.
Le peuple haïtien a résisté à la puissance économique et militaire des États-Unis et d'autres depuis son indépendance. Comme nous tous, les Haïtiens ont aussi fait leurs propres erreurs. Mais la puissance américaine a contraint les Haïtiens à payer le prix fort - décès, dette et sévices. 

Il est temps pour le peuple Américain de se joindre aux Haïtiens et d’inverser le cours des relations américano-haïtienne. 

Ce bref historique démontre pourquoi les États-Unis doivent des Milliards - avec un grand M - à Haïti. Ce n'est pas la charité. C'est la justice. C’est une question de réparations. La crise actuelle est une occasion pour les américains de reconnaitre l'histoire de domination d’Haïti par les États-Unis et d'apporter une réponse véritablement juste. 

Pour en savoir plus sur l'histoire de l'exploitation d'Haïti par les États-Unis, voir Paul Farmer, “The Uses of Haïti”; Peter Hallward, “Damming the Flood”; , et Randall Robinson, “An Unbroken Agony”. 

Bill Quigley est le directeur juridique du Center for Constitutional Rights et un défenseur des droits de l’Homme en Haïti de longue date. Il peut être contacté par mail àQuigley77@gmail.com.
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Économie


MARDI 19 JANVIER 2010

 

 

 

 

 

 

 

Extraits traduits de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

La démocratie haïtienne est née il y a très peu. Au cours de sa courte période de vie, cette créature affamée et malade n’a reçu que des baffes. Elle était à peine née durant les jours de fêtes de 1991, qu’elle fut assassinée par le putsch du général Raoul Cédras. Elle ressuscita trois ans plus tard. Après avoir placé et chassé tant de dictateurs militaires, les États-Unis chassèrent puis réinstallèrent le président Jean-Bertrand Aristide, qui fut le premier président élu par le vote populaire de l'histoire d'Haïti et qui avait la folle idée de souhaiter un pays moins injuste. 

Le vote et le veto
Pour effacer les traces de l'implication américaine dans la dictature carnassière du général Cédras, les Marines dérobèrent 160 000 pages d’archives secrètes. Aristide retourna sous les chaines. On lui permit de retrouver le gouvernement tout en lui interdisant le pouvoir. Son successeur, René Préval remporta près de 90 % des votes, mais Préval a moins de pouvoir que n'importe quel chefaillon de quatrième rang du Fonds Monétaire ou de la Banque mondiale, même si le peuple haïtien ne l'a pas élu, sans même la moindre voix.
Le veto est plus puissant que le vote. Le Veto des réformes : chaque fois que Préval, ou l'un de ses ministres demande des prêts internationaux pour donner à manger aux affamés, pour l'éducation des analphabètes ou pour donner des terres aux paysans, il ne reçoit aucune réponse, ou alors on lui ordonne de Réciter la leçon. Et comme le gouvernement haïtien ne finit pas d'apprendre qu'il faut démanteler les rares services publics qui restent, ces derniers et faibles remparts pour l'un des peuples les plus démunis du monde, les maitres lui attribuent une note d'échec à l'examen.
L'alibi démographique 

En fin d'année dernière, quatre députés allemands ont visité Haïti. Dès leur arrivée, la misère du peuple les frappa de suite. L'ambassadeur d'Allemagne leur expliqua alors le problème à Port-au-Prince: "C'est un pays surpeuplé", dit-il. "La femme haïtienne veut toujours et l'homme haïtien peut toujours".
Puis il se mit à rire. Les députés eux restèrent silencieux. Cette nuit-là, l'un d'entre eux, Winfried Wolf consulta les chiffres, et constata qu’Haïti, avec El Salvador, est le pays le plus surpeuplé des Amériques, mais il l'est autant que l'Allemagne, pays avec lequel il a presque le même nombre d'habitants au kilomètre carré. 

Durant son séjour en Haïti, le député Wolf fut non seulement frappé par la misère: il fut également ébloui par la capacité de beauté des peintres populaires. Et il en arriva à la conclusion qu'Haïti était surpeuplé ....d’artistes. 

En fait, l'alibi démographique est plus ou moins récent. Jusqu'à quelques années auparavant, les puissances occidentales parlaient plus clairement. 

La tradition raciste 

Les États-Unis ont envahi Haïti en 1915 et ont dirigé le pays jusqu'en 1934. Ils se sont retirés après avoir atteint leurs deux objectifs: recouvrer les dettes de la City Bank et abroger la disposition constitutionnelle interdisant la vente des plantations aux étrangers. À l'époque, Robert Lansing, secrétaire d'État, justifia la longue et cruelle occupation militaire en expliquant que la race Noire est incapable de se gouverner, qu'elle a "une tendance inhérente à la vie sauvage et une incapacité physique à la civilisation." L'un des responsables de l'invasion, William Philips, quelque temps avant fait éclore l’idée astucieuse suivante: "Il s'agit d'un peuple inférieur, incapable de préserver la civilisation laissée par les Français".   
Haïti avait été le joyau de la couronne, la colonie la plus riche de la France: une grande plantation de sucre provenant du travail esclave. Dans L'esprit des lois, Montesquieu avait expliqué sans mâcher ses mots:
"Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être très sage ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. " 

Par contre, Dieu avait mis un fouet dans la main du contremaître. Les esclaves ne se distinguaient pas par leur volonté de travailler. Les Noirs étaient esclaves par nature et fainéants également par nature, et la nature, complice de l'ordre social, était l'œuvre de Dieu: l'esclave devait servir le maître et le maître devait punir l’esclave, qui ne montrait pas le moindre enthousiasme au moment de se conformer au dessein divin. Karl von Linné, un contemporain de Montesquieu, avait dépeint le noir avec une précision scientifique: "Vagabond, paresseux, négligent, indolent et aux coutumes dissolues".Plus généreux, un autre de ses contemporainsDavid Hume, constata que le noir" peut développer certaines capacités humaines, comme le perroquet qui parle quelques mots. "
Brecha 556, Montevideo, 26 juillet 1996.

lorsqu’un Afro-colombien mourait, les gens s'engageaient dans une veillée longue de neuf jours et neuf nuits pour célébrer le retour du défunt en Afrique. 

 

LES PÉCHÉS D’ HAITI...
Eduardo Galeano